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Trail, émotions et Cévennes


Publiée le par Sophie PUYFAGES

Quand parcourir les Cévennes nous fait vivre des aventures extraordinaires....

Trail, émotions et Cévennes

Trail, émotions et Cévennes

Dans notre société moderne, exprimer ses émotions est très souvent pointé comme un signe de faiblesse. Être sensible, empathique, montrer qu’on est touché par ses propres émotions ou les émotions des autres nous catalogue souvent comme des êtres incapables d’être forts dans l’inconscient collectif. Rester stoïque et imperturbable en toute situation serait synonyme d’une force indéniable….

Je suis tellement opposé à cette idée….. et pratiquer le trail avec la Team SOH  me conforte un peu plus chaque jour dans mon opinion….

La réalité du trail peut être parfois vertigineuse : des conditions météo dantesques, des kilomètres, du dénivelé, de la technicité à parcourir parfois pendant des heures et des heures d’effort.

Et pourtant tellement de gens partent trop vite en trail ! Mais pourquoi donc ?

Peut-être parce qu’il faut faire comme tout le monde, c’est rassurant de faire comme la foule comme si suivre la masse nous garantissait de ne pas nous tromper, nous donnait une impression de sécurité….

Inconsciemment, peut-être se dit-on aussi que si l’on avance plus vite, les kilomètres paraîtront moins longs. Mais, que se passerait-il si au contraire on acceptait pleinement la longueur de la course, si on se disait : « Oui, c’est long, et c’est ça qui est beau. » En prenant chaque kilomètre comme une aventure en soi, une exploration.

On aimerait tous savoir à l’avance comment la course va se passer, tout prévoir comme sur route où garder une allure régulière à la seconde près est synonyme de performance  mais le trail running, c’est l’incertitude permanente et c’est ce qui rend ce sport si passionnant !

Dans la vie, accepter ses différentes émotions, les ressentir, les exprimer, c’est aussi accepter l’incertitude de nos sensations et comme en trail ça nous rend fort ! Chacun doit trouver son propre rythme, s’écouter, accueillir les hauts et les bas non comme un échec mais comme une force et laisser l’incertitude de l’aventure nous guider. Le trail c’est une danse entre force et fragilité, entre confiance et humilité et c’est là que réside toute la beauté de ce sport et du chemin que chacun parcourt.

On parle souvent de performance en trail ou de force dans la vie, mais pourquoi ne pas redéfinir la performance ( ou la force ) comme une capacité à rester connecté à soi, aux autres, à ses sensations, aux émotions  partagées.

Ça rendrait chaque course ( et la vie )  tellement plus enrichissante, non ?

Voilà pourquoi, j’aime autant ce sport et notre team car à travers nos week-ends courses, nos entraînements, nos partages, le soutien mutuel, les émotions vécues, on revient toujours plus fort, plus grand, plus « riche » des émotions qu’on a ressenties et que les autres nous ont procurées.

Inestimable…….

Voici quelques témoignages qui, il me semble, renforceront pleinement cette idée :

Denis

Ah! il en a des idées notre coach. Promesse d'un trail exotique dans une région soupçonnée d'être en pénurie d'eau. Eh bien, exotique, peut-être, on y cultive l'oignon doux !!, mais pas en pénurie d'eau, avec ce qui nous est tombé sur la tête pendant 48 heures. Mais c'est ce qui fait les souvenirs et nos vaillantes ultra-traileuses, s'en souviendront longtemps. Quant aux court-trailers une fenêtre météo a été ouverte pour eux (elles)....enfin, renfermée un peu trop tôt en fin de course !!.

Perso, une course où je me suis bataillé avec un ancien, comme moi, pour une place sur un podium par catégorie; ce qui peut prêter à sourire, mais qui se justifie avec tous les mots de félicitations de votre part.

Encore un week-end dont on se souviendra, et qui s'inscrira dans les annales du SOH: pour des dossards obtenus à la négociation, pour le premier ultratrail, pour un coaching réussi, pour un premier trail, pour le franchissement de la barrière horaire, pour un podium bataillé, pour un retour en stop pour d'autres et pour ces émotions à l'arrivée de toutes les courses. Ce sont tous ces détails qui forgent la mémoire d'un club. Merci Nicolas, merci à toutes et à toutes pour votre bonne humeur et bravo pour vos performances qu'elles soient inscrites sur le chrono d'arrivée ou dans vos têtes... et à bientôt pour de prochaines aventures.

Edith

Courir le trail de l’oignon doux ou comment suivre les conseils de deux coachs, l’un spécialiste en montées de marches urbaines, l’autre en barrière horaire du 14ème km

Météo : toute la pluie tombe sur moi (au départ et à l’arrivée ! )…la la la oui mais moi je fais comme si je ne la sentais pas….

Équipements: j’ai fait comme à la fashion week, j’ai passé la tête dans un sac poubelle 50 litres et hop, silhouette bien dessinée et look séduisant.

Team: Soh en force sur ce 23km, je cherche ma seule rivale M6, une certaine Rachel dossard 773…et je l’aperçois placée presqu en première ligne…maquillée,pomponnee, sappee comme jamais, affûtée…(elle, a dû être être influencée par Chanel).Même si mon espoir de médaille d’or catégorie s’envole,j’aurais gagné le fou rire de mes coéquipiers..

Parcours: 3km de plat rapide (conseil de Nico) oui mais dans des racines…et petit stop pour encourager Christine qui vient de tomber!....puis une belle et longue côte (où j’assure bien pour une parisienne d’après une locale qui tire la langue)...avec Laurence on avance, on avance, c' est une évidence,tu vois pas tout ce qu ’on dépense, on avance, faut pas qu’on réfléchisse ni qu’on pense,il faut qu’on avance ! (merci Souchon)

Au loin,vers le 11ème km, il est où le bonheur? il est où ?..il est là ! dans la forêt avec la voix encourageante de Bruno qui entre en piste à crier tous les prénoms de l’équipe.Il remonte le parcours rocailleux, comme il a étudié le terrain il va m’aider à franchir cette barrière tant rêvée!

Barrière: on amorce une belle descente où Laurence gambade tel un cabri et prend de l’avance.Bruno, en boucle, me dit de me concentrer, d’arrêter de parler, de regarder mes pieds sans jamais ralentir,j’ai un bon rythme d’après lui, ça devrait le faire, il reste 10 min pour atteindre mon premier objectif du jour…des cailloux, je glisse, ça remonte sur 300m..(Bruno, tu as mesuré ?) puis un beau village au bord d’un ruisseau (oui, il est beau mais avance, regarde devant toi..), c’est bien, allez, il reste 7 min, encore une montée dans des rochers recouverts de mousse..suis au max, je force sur les cuisses, j’aperçois un bénévole en haut des rochers…Bruno m’annonce yesss!!!!...la barrière tu vas l'avoir!!!!!!. Mon esprit s’envole, j’aperçois le ravito et Laurence qui me prend dans ses bras ! Edith, on a réussi ! La larme, un morceau de gruyère et un bol de soupe aux vermicelles plus tard,hop,hop,hop, on repart car il commence à faire froid et sombre. Bruno nous quitte, rv à l’arrivée les filles!

L’après barrière et l’arrivée : tels deux petits chaperons jaunes dans une belle forêt de sapins, on trottine sereinement, on prend des photos, zen, on est toutes seules, c est trop beau tous ces paysages variés, on papote, ça monte encore mais on s’ en moque, même pas peur du grand méchant loup…mais soudain, deux personnes nous rejoignent derrière pour ne plus jamais nous lâcher…les serre fils ! Trop gentils, on discute, on relance, on rediscute, on court…tout ça sur les 7 derniers km jusqu'au Vigan, l ’arche de l arrivée est prévue avant la nuit (non, on ne sort pas la frontale, dit le serre fil, un trailer confirmé qui a déjà fait la diag et l’utmb). La dernière descente nous semble longue, la pluie est déjà arrivée, elle, on n’avait pas besoin d’elle pour nous féliciter, elle s’invite pour applaudir tous les trailers du 42 et du 63 qui arrivent en même temps que nous deux….dernières du 23

…trop contentes de notre exploit! L’animateur, micro en main, nous voit toutes dégoulinantes…ah!, encore les Soh! Mais vous êtes nombreux ce week-end ! Laurence en profite pour placer la renommée de la Corrida…Denis est là pour immortaliser ce moment.

Fin de cette aventure incroyable….il fait toujours beau au-dessus des nuages….surtout avec l’aide des coaches!

Encore la larme, pas seulement à cause des oignons…

Vaness X

Je vais essayer de donner mes impressions de cette aventure plus qu’épique ! La prépa a été intense et a fait naitre parfois quelques doutes sur ma capacité à aller au bout de ces 100km, certains jours je n’avais pas de jambes, du mal à monter les cotesde Carrières, je craignais que Béa s’ennuie à mon rythme, qu’un bobo arrive...
Nos 2 grosses sorties m’ont paru tellement interminables et je ne me sentais pas toujours très à l’aise. Pour autant, j’étais hyper motivée, même pas peur de la pluie (enfin y’en a eu clairement trop mais bon) et j’ai même pris le départ dans le déni total !
Là dans le hall de départ, blindé de monde et sans ambiance, impossible de réaliser qu’on allait se lancer pour 20 heures de course et pourtant....


Km 0 à 14,5 : j’avais une grosse appréhension, je ne suis pas très à l’aise à courir la nuit mais je n’ai finalement pas trop subi même si ma frontale n’était pas à la hauteur.
Voir notre team supporters complètement endormie au 1ier ravito était comique !
On a même tenté d’enlever le k-way (qui s’avèrera une belle erreur). Quand vient la grosse montée, je crois rêver tellement d’en bas elle me parait interminable, bon elle sera vraiment interminable et me ruinera les jambes.
J’ai failli défaillir quand tu as dit on relance, heureusement Béa s’est manifestée pour gratter quelques secondes de marche supplémentaires.
Ici on prend un peu plus de pluie et du vent, j’ai envie de râler mais je me dis que vous êtes comme moi à subir alors je ne dis rien.


Km 31 – base de vie : retrouver Laurine (réveillée) me donne le sourire et la pêche (oui je n’ai pas envie qu’elle s’inquiète). Pas trop le temps de se poser, on repart vite, je sais qu’on en a pour un moment mais je me focalise sur le prochain ravito.
Je me sens plutôt bien sauf au km 43 juste avant d’attaquer une montée où j’envoie un WhatsApp à ma famille : « km43 il pleut ça attaque le moral » 
Ça sera la seule fois où je sortirai mon téléphone.
Donc je me sens bien et j’ai le sentiment qu’on est bien et qu’on avance bien et là la gonzesse qui sort de nulle part comme un boulet de canon qui crie « reste 10 minutes avant la barrière » 
Du coup, ben forcément on accélère et j’essaie de booster les autres au passage pour leur donner de la force.
Je ne te cache pas ma déception quand Sophie nous dit qu’il reste 5 minutes et cerise sur le gâteau, ma Laurine n’est pas là, gros coup au moral limite je perds mes moyens à la base de vie à faire les 100 pas pour rien, à chercher de l’eau et à fouiller dans mon sac sans savoir quoi prendre...
J’avais tellement envie de me mettre au sec …
Et ressortir de là avec ce tortionnaire qui crie « il reste 10 secondes » RRRRRR je lui aurai bien mis les doigts dans les yeux tiens !!! 
En plus je n’arrive pas à ranger mes affaires, ça m’énerve, j’ai l’impression de nous faire perdre du temps inutilement sachant qu’on parle déjà de la prochaine barrière horaire
Bref le moral en a pris un coup.

km 53 ( base de vie ) - Km 80 sortie du cirque de Navacelles
Mais on repart et on court longtemps et « vite », je suis contente car mes jambes répondent bien et ça me redonne de l’espoir. Encore + quand on passe la barrière avec un peu d’avance.
Arrivée au Cirque, surement très beau à voir mais merci la météo et à courir ce n’est pas ouf, ras le bol de toute cette flotte / boue, on finit presque par en rire. On avance et c’est
l’essentiel, je rêve d’un peu de répit sur ces fucking barrières horaires malgré tout.

Je passe l’épisode de ma frontale et du pont – sans intérêt majeur , la montée pour sortir du cirque sera bien plus cassante et stressante surtout arrivée en haut où je suis cuite à point et qu’il
faut relancer car tu as déjà capté qu’on était juste.
Je ne sais pas si parce qu’elle arrive au km 80 avec la barrière  mais je l’ai trouvée bien plus difficile que la 1ère grosse montée du début. J’ai l’impression de piquer un sprint pour arriver au ravito, bon ma montre me dira que non pas du tout....
Et la bim, ça recommence : la barrière horaire ! 
J’entends le bénévole demander comment on se sent, je t’entends lui répondre que ça va et qu’on repart. L’espace de 2 secondes j’ai envie de crier : « NON ça ne va pas, je suis
fatiguée, laissez-moi ici », d’ailleurs je le dirai à Laurine qui me boostera en me disant que c’est beau et que c’est presque fini et en appelant à la maison pour prendre du
boost supplémentaire.
En plus le bénévole met la pression pour qu’on repart tout de suite car pour lui 10km à faire en 2h ça va être tendu, lui aussi je lui aurais bien crever les yeux    (même
s’il nous a laissé passer après harcèlement moral de Laurine et Sofiane)

km 80 - km 100
On repart, heureusement c’est plat et mes jambes répondent encore, malgré la boue on avance. Je suis inquiète pour Béa car elle traine un peu derrière nous et a même cette
petite phrase « allez y sans moi », ma warrior est dans le dur....
Mais on finit par arriver avec 5’ d’avance au 90ème et Béa a retrouvé de l’énergie, et là malgré la fatigue, le froid et la pluie, je sais qu’on ira au bout même en rampant on la passera cette
fucking ligne d’arrivée. J’ai envie de finir en courant, mais ça y est mes jambes n’en peuvent plus, elles refusent d’avancer autrement qu’en marchant.
Les 3 derniers km ont été interminables, avec l’orga qui téléphonait pour savoir où on était !
MAIS quel bonheur d’entendre au loin cette petite phrase qu’on a si souvent détesté « allez ça relance », le boost immédiat qui m’a fait sortir de ma bulle dans laquelle je m’étais mise pour continuer d’avancer malgré tout.
Quelle team de dingue, je n’en reviens pas !!!!!
Un câlin rapide à Laurine et nous 3 qui passons enfin cette ligne d’arrivée, des câlins rapides, des bisous et des félicitations de tous, je n’en reviens pas d’être encore debout
après tout ce que nous avons traversé.
C’était beau, c’était magique, j’ai adoré malgré une météo affreuse.

Christine 

Mon 1er Trail

Tout commence le jour où j’ai décidé de me lancer : mon premier trail, en cliquant sur le bouton “Trail de l’Oignon – 23 km”, après un an d’entraînement.

Trop contente d’avoir convaincu Val de venir vivre cette première expérience avec “la colo de Nico”.

La préparation physique et mentale

Des tonnes de questions envoyées à Nico et Vanessa : comment bien se préparer pour réussir ? quel matériel choisir ? quelle stratégie adopter ?

Pour info… j’ai toujours des questions. Et ça agace beaucoup Val !

Après les nombreuses séances d’entraînement, l’aventure se rapproche : J-5… J-4… J-3… J-2… J-1… Et une obsession quotidienne : la météo.

Je fais, défais et refais ma valise : Va-t-il pleuvoir ? K-way… pas K-way ? Va-t-il faire froid ? Combien de couches ? Mérinos… pas mérinos ?

L’alimentation pendant la course : j’interroge ChatGPT et je retiens un mot : la digestibilité.

J-1 : le départ de Houilles : Départ de Houilles avec la Team. Un enthousiasme de folie !

Le jour J : Un mélange d’excitation et de stress.

Avec Véro, on demande les derniers conseils aux “anciens”, Denis et Bruno. Ça nous rassure. Puis on révise la topologie de la course : les endroits où relancer, où manger…

Bref, on a tout double-checké, triple-checké. On est prêtes ! On a mis toutes les chances de notre côté pour réussir. Et pour nous, réussir signifie : finir en beauté, arriver en forme et avoir pris du plaisir. Et idéalement, faire ce premier trail en binôme, pour être sûres de ne jamais rien lâcher.

L’échauffement

Arrivées au Vigan, je dis à Véro : « On fait tout ce qu’a dit Nico… échauffement 10 minutes avec quelques accélérations modérées. » Bref, les bonnes élèves du trail !

Le départ… et la chute

Le départ avec Véro : excitées comme des puces ! La voix de Nico résonne dans nos oreilles : ne pas perdre de temps au démarrage, mais ne pas se mettre dans le rouge.

Tout se passe nickel… jusqu’à ma chute, qui m’a un peu désorientée. Tout le monde me regarde. Un coup au moral. Une bonne dose de stress. De la tristesse=> Vais-je pouvoir continuer et faire mon premier trail ? Édith me met de l’eau sur le visage. Je repars doucement.

Puis vient un regain d’énergie.Je n’ai plus qu’une idée en tête : rattraper Véro.
Faire ce trail en binôme, comme prévu. Alors j’accélère. Je double. Pas de temps à perdre. Je veux y arriver  !J’ai chaud… il faut enlever le K-way… la galère ! Une fille m’aide (elle doit voir que je debute…). Trop sympa. Je suis trop contente.

Les retrouvailles

Soudain, j’aperçois en haut d’une montée une queue de cheval blonde avec un tee-shirt jaune et noir. YES ! Je crie :« Véro j’arrive ! » Je vois son sourire. Elle me dit : « Je t’attends, je prends une photo. » Et là… que du bonheur. C’est reparti !

L’aventure redémarre pour moi dans de très bonnes conditions. (Et en plus, sans pluie.)

La voix de Nico résonne à nouveau dans nos oreilles : « Hop hop hop, on relance ! « On s’hydrate ! »« On s’alimente en petites quantités mais régulièrement ! »

Conseils suivis… et efficaces ! On se sent bien, légères comme des gazelles. Mais on reste prudentes et concentrées sur le terrain : la boue, les pierres glissantes… pas question de retomber.

Cette première partie m’a semblé plus facile que prévu. Les séances à Saint-Cucufa avec 1000 D+ ont porté leurs fruits ! Mais je n’ai pas forcé.

Initialement, j’avais prévu de ranger les bâtons dans la descente, comme indiqué dans le PDF de Nico. Mais finalement ils m’ont été utiles dans certaines descentes… j’avais un peu les pétoches de re-chuter.

Et puis… je dois l’avouer… on avait perdu du temps avec ma chute. Donc pas question d’en reperdre avec le rangement des bâtons.

Le ravito et la descente

Ayant la topologie en tête, j’essaie de me repérer. Véro m’indique les kilomètres pour vérifier que tout est under control.

Tout va bien. On gère. Arrivées au ravito, un gentil papi nous remplit nos gourdes.Trop chou.

Je prends des Tucs pour le sel, histoire d’anticiper d’éventuelles crampes. Véro fait le tour du ravito tranquillement, mais je l’attrape : « Il faut repartir ! Pas de temps à perdre ! » (On grignotera en marchant si besoin.)

C’est reparti. On est bien. On est contentes. On ne force pas.

La voix de Nico résonne encore : « Prenez du plaisir ! »

Alors là… bavardes comme on est, Véro et moi… on a bien rigolé !

On discute avec des mecs sympas… qui nous remettent sur le droit chemin. Car oui, à un croisement, on s’était trompées de chemin… on papotait ! Donc du plaisir, on en a pris.

L’arrivée

On arrive au Vigan, le sourire aux lèvres. J’aperçois Val qui nous filme, fraîche comme un gardon. Je me dis : elle a dû arriver depuis longtemps… elle a cartonné… elle est incroyable.

Si elle est heureuse, je suis heureuse. On passe la ligne d’arrivée avec Véro, main dans la main, comme prévu.

We did it ! Quel plaisir ! (Bon… la douche glacée au gymnase, ça, ce n’était pas un réel plaisir… mais ça redonne un coup de fouet.)

Le partage

Ensuite, le plaisir de retrouver une partie de la Team… de partager. Très vite, on pense aux Caroles (sans oublier Sophie “la bienveillante”).
On doit les accueillir dignement, alors on va les attendre sous la pluie.
Quelle arrivée émouvante !

Puis on pense à Vanessa. Il faut être là pour l’encourager… mais pas besoin. Elle arrive fraîche comme un gardon.Je reste bouche bée. Inutile de lui demander si ça va : ça se voit.

Puis l’attente, le suspense… l’arrivée de Nico et de ses deux drôles de dames.

Trop contentes pour eux. Arrivée émouvante !  Ils l’ont fait.

La conclusion

Tout cela pour dire que la joie, c’est d’atteindre l’objectif qu’on s’est fixé…

Mais pas seulement.

C’est aussi de voir la joie des autres quand ils franchissent la ligne d’arrivée. Merci à Nico et à sa colonie de traileurs pour cette belle première aventure

Vanessa D

Ultra Trail du Bout du Cirque – 101 km

Le réveil sonne au milieu de la nuit. Ou plutôt au milieu de ce qui ressemble vaguement à une nuit, tant elle a été courte. À 4 h du matin, nous sommes sur la ligne de départ. Il pleut déjà. Et ça ne va pas vraiment s’arrêter de la journée…

Le départ est donné au son du saxophone. C’est beau, mais pas vraiment stimulant pour lancer une course.

Les deux derniers mois ont été pauvres en entraînement, je le sais. Alors je pars avec ce mélange bien connu des ultras : un peu d’excitation, un peu d’appréhension, et l’idée très claire que ça va être long. C’est le retour des courses « au talent ». À croire que c’est un peu ma marque de fabrique…

La première partie de course se fait sur un terrain très caillouteux. Les pieds glissent, les appuis cherchent leur place. La pluie rend tout plus traître, mais ça avance. Devant moi, une chute sur une dalle glissante, puis une blessure à la cheville. Il faut vraiment rester prudent.

Par moments, la solitude est totale. Personne devant, personne derrière. Juste le bruit de la pluie et les pensées qui tournent en boucle.

Heureusement, au milieu de tout ça, une bonne surprise : mon ami Christophe est dans le coin pour encourager une copine. Il m’accompagne pendant une vingtaine de kilomètres. Une présence, des discussions, un peu de légèreté au milieu de l’effort. Ça change tout.

À un moment, je tombe nez à nez avec un poney planté au milieu de la route. L’idée traverse mon esprit : est-ce que ça passe si je termine la course à dos de poney ?

Quelqu’un me répond :
« Je ne vous le conseille pas, ça fait 20 minutes qu’il est là et qu’il ne bouge pas. »

Visiblement, quatre heures plus tard, il était toujours au même endroit. C’était effectivement une mauvaise idée 😂

Kilomètre après kilomètre, on progresse dans cette ambiance humide et brumeuse où les paysages se devinent plus qu’ils ne se voient. Les plateaux s’enchaînent. Et à chaque fois la même pensée :

Là, normalement, on devrait avoir une vue incroyable. Mais à la place… du brouillard. Rien que du brouillard.

On est descendus dans le Sud chercher le soleil… et on se retrouve avec un temps pire qu’à Paris. Cherchez l’erreur.

Puis vient l’arrivée au cirque de Navacelle. Et là, miracle : il ne pleut plus. Juste quelques minutes, mais assez pour apercevoir enfin le paysage. C’est magnifique. On s’arrête presque, on regarde, on savoure ce court instant avant que la pluie ne décide de reprendre son travail.

Aux ravitaillements, les bénévoles sont incroyables : sourires, encouragements, bienveillance. Je ne m’attarde jamais trop longtemps pour éviter de me refroidir, mais je prends quand même le temps de savourer les trésors locaux : le pélardon et le saucisson.

Arrivé à la base de vie, je prends le temps de me changer intégralement. Vêtements secs, sensation incroyable de confort… et une décision un peu douteuse : repartir avec de vieilles baskets sans aucune accroche.

Mauvaise idée.

Parce que la deuxième partie du parcours est un festival de boue.

Mes pieds resteront secs environ… cinq kilomètres. Avant qu’on ne doive traverser d’énormes flaques de boue qui prennent toute la largeur du chemin. Impossible d’y échapper. À partir de là, c’est pieds trempés jusqu’à la fin.

Au dernier ravitaillement, ma montre m’annonce qu’il ne reste plus que 50 mètres de dénivelé positif. Parfait.

Sauf que la réalité est légèrement différente. Le parcours continue de grimper. Encore. Et encore. Et encore.

Au final, environ 350 mètres de D+ de plus que prévu. À ce moment-là, la tête n’était clairement plus prête à ça.

La pluie redouble. La nuit retombe. Je ressors la frontale.

À 1,5 km de l’arrivée, je croise un bénévole qui crie :

« Allez, plus que 3 km ! » Je lui réponds presque en l’engueulant que ce n’est pas drôle comme blague…

Sauf qu’il avait raison. Il restait bien trois kilomètres.

Les derniers kilomètres longent la rivière. On court dans des mares d’eau. On ne cherche même plus à éviter quoi que ce soit.

Et puis, juste avant la ligne d’arrivée, j’entends des voix familières. Les copains du club sont là, déjà propres après leurs courses respectives, prêts à aller au resto. Ils encouragent, et ça donne l’énergie pour franchir la ligne.

La récompense ? La fameuse soupe à l’oignon et la bière promises depuis la veille, dégustées encore trempé jusqu’aux os.

Puis enfin une douche bien chaude. Le temps de se poser un peu avant de revenir attendre les Warriors du 63 et du 100 km.

Notre trio de choc finit par arriver.

Tout le monde est finisher.

Et dans ces conditions, c’était un vrai combat : la tête contre le corps. Il en fallait, du mental. Au final, un superbe week-end rempli de bienveillance et de partage avec les copains.

Parce que ces aventures-là sont toujours encore plus belles quand on les vit ensemble.

Véro B

Pour moi, 1er  trail en montagne . Départ de l’aventure SOH dans la joie. Dans le TGV Christine et moi révisons notre copie et la stratégie de course. Cela nous rassure.

Au gîte, nous faisons controler notre équipement à Bruno qui nous donne les derniers conseils. Me délester d une flasque de 500 ml ( j en avais pris 3) et garder 2 pâtes de fruits( j en avais pris 4) + 1 pompote. 
Tout est prêt, y a plus qu a dormir.difficile de trouver le sommeil.

Le jour de la course, échauffement 10/15 min sous une pluie battante puis nous voilà au milieu du sas de départ. C est parti ! Beaucoup de monde, on court à 6’15 min/kil.

2kil après le départ une racine fait chuter mon binôme. Grosse frayeur. Le temps de reprendre ses esprits, se mettre de l eau sur le visage, vérifier que tout est ok et on repart prudemment. Il pleut. Ça glisse. Nous voilà au pied de la première montée, on sort nos bâtons, il ne pleut plus, j enlève mon Kway et je grimpe. Ça chauffe déjà les quadriceps et me remplit de doutes, ce n est que le début ça va être long. Vais je y arriver ? Dans quoi je me suis embarquée ?  Je croque dans ma pâte de fruit. Beaucoup de monde, ça monte doucement et ça ne relance pas sur le plat. ça m arrange ! Il faut s économiser. Difficile de se retourner pour voir si mon binôme suit.

Je l attendrai en haut en prenant des photos. A peine le temps de prendre une photo, mon binôme arrive. On ne se quittera plus. On relance sur le plat , on papote, on double quelques personnes avec satisfaction 😀dans les montées. On voit Bruno. Ça fait plaisir ! On arrive au ravito !! Super !! barrière horaire passée, on discute avec un local, je mange un morceau de fromage et de banane un verre de coca et St yorre, remplit mes flasques vides. Je suis bien et heureuse d être là. Christine me rappelle à l ordre, faut repartir !

On discute dans la descente. Je m’aide des bâtons quand c est trop raide en descente et que ça glisse. On pense que ça descend jusqu a la fin. Le plus dur est derrière nous. Que du plaisir, On refait le monde Puis on entend des sifflements, des rappels d autres trailers. On a loupé un croisement. Faut remonter! On se reconcentre et on continue.

On arrive main dans la main et heureuses ! Je bois un coca local dans la tente de ravitaillement et mange un bout de banane. Puis gros coup de fatigue, envie de vomir. Je réalise que je n ai pas mangé en courant ce que j avais sur moi , à part un tout petit morceau de pâté de fruit au 7eme kil . Je mange une pâte de fruit entière sur les conseils de @Valentine et effectivement je me
sens beaucoup mieux. Reboostée, hâte de retrouver les copains, les accueillir, les encourager et les féliciter. Une ambiance de dingue, tellement d émotion, de joie à l’ arrivée de chacun de nos champions/ionnnes du 42/60/100. 
Bravo et merci à tous !!! Un week end et mon 1er trail que je n oublierai jamais ! 

Valentine

Mon récit du weekend : ( un peu trop long je pense 🤣) Mon premier trail long de 23 km : une découverte inoubliable
Un week-end mémorable avec la team trail du SOH, malgré une météo capricieuse. La veille se passe entre repas de pâtes, discussions sur les barrières horaires, matériel et derniers conseils. Après une nuit dans un dortoir à l’ambiance chaleureuse, on se prépare en pensant déjà aux courageux du 100, 63 et 42 km déjà en course.

Le départ se fait sous la pluie, qui cesse au début de la première montée. Je pars seule, déterminée, sans savoir ce qui m’attend. J’accroche Denis, qui me coache dans la montée, puis Nicolas et Carinne. Mais la première descente, très boueuse, me coûte cher : une glissade près du précipice, la peur, les jambes qui se crispent, et impossible de relancer correctement. Gros coup au moral, alors que j’étais super bien en cardio.

Je retrouve finalement Nicolas et Denis. Merci à Nico de m’avoir rappelé de boire et de manger, ce que j’avais complètement oublié. Je bois mais je ne mange pas ce que je vais regretter. On file jusqu’au ravito, où je me sens un peu patraque. Deux verres de coca, un peu d’eau gazeuse, et on repart. C’est là que Denis croise son concurrent direct. Il nous dépasse, Denis me lance un regard de guerrier, et je lui dis : « Allez, fonce Denis ! ». Je tente de suivre, mais mes jambes ne répondent plus. Je termine à mon rythme, frustrée de ne pas pouvoir accélérer, mais heureuse d’aller au bout.

Je franchis la ligne en 3h15, 1000 m de D+, fière et submergée d’émotions. J’attends ma mère et Véro pour les encourager. Quelle aventure.

Et puis viennent les plus beaux moments : l’arrivée des Caroles après leurs 63 km, un concentré d’émotions. Vanessa qui termine son 100 km comme si elle revenait de son jogging. Impressionnante ! Et nos trois héros, Béa, Nico et Vanessa, qui reviennent eux aussi du 100 km dans des conditions dantesques. J’étais admirative de leur courage. On était tous là, soudés, à célébrer ces guerriers de leurs sentiers respectifs.

Ce que je retiens : une ambiance incroyable, un soutien permanent, des exploits pour chacun, et surtout un coach exceptionnel. Sans lui, je n’aurais jamais osé relever ce défi. Peut-être petit pour certains, immense pour moi.

Merci Nico, pour ta bienveillance, tes conseils, tes encouragements et tout le temps que tu nous consacres. Je n’ai pas eu de médaille, mais si j’en avais une, elle t’aurait été dédiée.

Et enfin, une dédicace à ma mère, qui m’a poussée à rejoindre cette famille de traileurs et à me dépasser bien au-delà de ce que je pensais possible.

Stéphane

Récit pour revenir sur le week-end côté 42k : Tout commence samedi matin à 9h45 à la Gare de Houilles–Carrières-sur-Seine. Le plan est simple : départ groupé pour aller courir dans un cadre magique ensoleillé 🌞 😎de 23 à 100km dans les Cévennes au départ du Vigan. Enfin…simple sur le papier.
Parce que Louis et Carine, eux, ont décidé de tester la solidité du RER. Résultat : bloqués. Suspense… mais ils sauveront l’honneur avec un OUIGO à 11h46. Comme quoi, dans un trail, il y a toujours un plan B.
Dans le train, l’ambiance est studieuse : météo pluvieuse annoncée, stratégies de course, discussions nutrition… et pique-nique improvisé. Parce qu’un trailer qui ne mange pas toutes les deux heures devient rapidement un problème.
Arrivés à la Gare de Nîmes, récupération des voitures de course chez Avis (oui, des voitures, pas des chaussures). Direction Le Vigan pour récupérer les dossards à la halle des sports du Maratrail des Cévennes. On repart avec les cadeaux, le dossard, et surtout le bon pour la bière d’arrivée — clairement l’élément clé de la stratégie.
Certains achètent aussi des barres et des gommes énergétiques de dernière minute. Parce que la préparation, c’est important… mais acheter des trucs la veille, c’est rassurant.
Installation ensuite dans les gîtes : les aventuriers du 100 et 63 km d’un côté, les gens raisonnables du 42 et 23 km de l’autre. Au dernier étage, ambiance colonie de vacances avec dortoirs mixtes.
Et bien sûr, apéro obligatoire la veille de course. Merci Bruno pour les bières et le jambon. Hydratation stratégique, évidemment.
Pendant que les héros du 100 km partent à 4h du matin dans la nuit noire, nous avons choisi une stratégie différente : départ à 10h. Clairement un choix mûrement réfléchi.
Réveil vers 7h15. Dehors : pluie, froid, vent. Parfait. On double les affaires dans le sac de trail “au cas où”. En réalité, personne ne sait vraiment si ça va servir.
À 8h45, départ en voiture pour Le Vigan. Il pleut, la route est vide, mais la chance nous sourit : une place à 200 mètres du départ 🍀. La consigne est simple : la voiture sert de consigne… et celui qui est devant garde la clé. Logistique digne d’une opération militaire.
À 10h, sous la pluie 🌧️, départ du marathon de la Toureille. On part au milieu du peloton, tranquillement. Les premiers kilomètres sont plats… ce qui est suspect dans un trail.
Puis arrivent les montées : 300 m de D+ sur 2,5 km, puis encore, puis encore. Et les descentes deviennent des pièges géologiques : schiste mouillé, pierres, racines… à un moment je teste la qualité du sol directement sur les fesses. Test validé.
Avec ma cheville gauche fragile, je progresse avec prudence sur ces sentiers qui semblent avoir été conçus par quelqu’un qui n’aime pas les chevilles.
Premier ravitaillement au Château de Saint-André de Majencoules : charcuterie, fromage, coca maison… et un groupe de musique. Franchement, c’est presque un festival.
Puis arrive la grosse montée : direction 1250 m d’altitude par le Col de Peyrefiche et le refuge de Cap de Coste.
Et là… catastrophe. Froid, pluie, vent. Les mains gelées 🥶, je claque des dents et je me fais doubler par une soixantaine de coureurs. Au refuge, je suis congelé. Je me colle à la cheminée dans une fumée digne d’un barbecue industriel.
Je reste 35 minutes à me demander sérieusement ce que je fais là.
Heureusement, Louis arrive avec une information capitale :
“La soupe vermicelle est incroyable.”
Et là tout change. Deux bols de soupe, du saucisson, du coca… et la vie redevient possible.
On repart. Petit à petit je me réchauffe, je retrouve de l’énergie. La course reprend. Puis miracle : je rattrape Louis avant Mandagout.
Ravitaillement cinq étoiles : soupe, coca maison, saucisson. La gastronomie locale sauve des trails.
À 8km de l’arrivée, on se sépare finalement. Je repars tranquillement mais efficacement : 4:56/km. Comme dirait Bruno : je rattrape les morts. Une bonne vingtaine.
Et puis enfin : la ligne d’arrivée.
Mission accomplie sans blessure malgré la météo et la cheville.
Louis arrive 7 minutes plus tard, puis Cyril.
Trois finishers.
La suite : bière, soupe à l’oignon et produits locaux dans la halle des sports. Puis retour au gîte, douche, séchage… et dîner très équilibré : burger, frites, dessert.
On pense très fort aux courageux du 63 et du 100 km… avant d’aller les accueillir tard dans la nuit. Les derniers aventuriers du 100 arrivent vers 0h45. Tout le monde est finisher.
Et c’est sûrement ça le plus beau : chacun est venu relever son propre défi. Et quand tout ça se fait avec des encouragements, de l’entraide et beaucoup de bonne humeur, ça devient une sacrée aventure.
Le lendemain, brunch… puis retour vers Paris sous un grand soleil 🌞.
Apparemment, il pleuvait uniquement pile là où on courait.
Évidemment

 

 

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